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Trouble du langage
J’ai de la difficulté à m’exprimer à l’oral et à l’écrit

« Je suis… dé… couragé »

– Eh bien, qu’est-ce qui se passe ? me demande Léanne dès que j’apparais sur Messenger vidéo.
– Je suis… dé… couragé, mon cœur ! J’ai envie d’aban… donner le cégep ! je réponds.
Quand je suis fatigué ou déprimé, j’ai plus de difficultés à trouver mes mots.
– Mais pourquoi ? Tu aimes ce que tu étudies, non ?
– Oui, mais c’est compliqué pour les travaux. C’est pire quand… quand je dois faire un exposé oral. J’ai… peur qu’on… se moque de moi !
– Quelqu’un a déjà ri de toi ? s’exclame Léanne.
– Non… non ! Mais les autres ne tiennent pas toujours… compte de mon avis ou de… mes propositions quand on fait un travail… d’équipe… parce que c’est long… pour que je m’explique.

– C’est vrai qu’il te faut plus de temps que les autres, mais n’abandonne pas ! Tu as déjà fait tellement d’efforts pour arriver au cégep, m’encourage Léanne.
– En plus de mon travail… à temps partiel, ça fait beaucoup… de choses !
– Attends-moi, je passe chez toi ! décide Léanne. On va préparer ton prochain travail de session ensemble. Tout ira bien !

Mes alliés!

Les adultes comme Michaël ne sont pas seuls. Ils peuvent compter sur le soutien de nombreux alliés.

• Intervenants du milieu scolaire

Vous êtes aux études ? Les différents professionnels qui œuvrent dans les milieux scolaires postsecondaires ou destinés aux adultes (cégeps, universités, centres d’éducation pour adultes) représentent des alliés essentiels. N’hésitez pas à vous référer à eux pour toute situation difficile liée à vos apprentissages. Ils sauront vous outiller pour maximiser votre succès scolaire et adapteront leur approche pédagogique en fonction de vos besoins.

Au collégial, il existe de nombreux moyens pour aider toute la communauté étudiante à réussir. Vous pouvez consulter le conseiller en services adaptés. Son rôle est de faire le lien entre l’étudiant et ses enseignants.

À l’université, vous pouvez prendre rendez-vous au Service d’accueil et de soutien aux étudiants en situation de handicap. Les troubles d’apprentissage sont une forme de handicap. Voici des exemples de services adaptés pour les personnes ayant un trouble du langage :
– Soutien scolaire
– Prise de notes
– Prêt d’équipement spécialisé
– Technologies
– Mesures particulières pour la passation des examens, etc.

• Professionnels

L’orthophoniste est le ou la professionnelle pouvant vous aider à amoindrir les impacts fonctionnels de votre trouble du langage dans votre vie sociale, scolaire ou professionnelle. Cette personne peut vous aider à développer des stratégies dans la vie de tous les jours pour rendre la communication plus agréable et fluide, que ce soit à l’oral ou à l’écrit. Cela favorisera votre autonomie. L’orthophoniste ne travaille pas qu’avec les enfants. Ses services s’adressent aussi aux adultes.

Le psychoéducateur peut intervenir auprès de vous pour développer votre estime personnelle, vos habiletés sociales ou encore pour vous aider à vous adapter à un nouvel environnement de travail ou d’apprentissage.

• Proches

Vos proches, incluant votre famille, vos amis, vos collègues ou autres, peuvent être d’un grand soutien dans les épreuves que vous vivez. N’hésitez pas à leur faire part de vos difficultés.

Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ)
L’OPHQ est un organisme gouvernemental qui contribue à accroître la participation sociale des personnes handicapées (dans votre cas, un handicap langagier). Il peut vous fournir des informations, de l’accompagnement, vous diriger vers des personnes ressources et plus encore!

Mon plan de match

Dans cette section, vous trouverez des suggestions pour vous exprimer plus facilement, à l’oral ou à l’écrit.

Nous vous proposons d’abord des stratégies concrètes pour mieux vous faire comprendre lors d’une conversation. Raconter, c’est complexe. Cela fait appel à la fois :
– au vocabulaire,
– à l’accès à l’information en mémoire,
– à l’organisation des idées.
Donc, nous vous présenterons 5 étapes pour raconter un événement, un fait vécu ou une histoire.

L’écrit comporte des défis supplémentaires par rapport à la parole. Donc, nous vous présenterons ensuite des pistes pour rédiger des textes clairs et compréhensibles pour le lecteur.
Vous retrouverez toutes ces informations dans le guide pratique.

→ Consultez le guide pratique [PDF]

« Un nouveau travail, de nouveaux défis! »

J’ai été transféré dans le rayon des électroménagers. Un nouveau travail, de nouveaux défis !
– Je m’appelle Michaël, dis-je en tendant la main à mes nouveaux collègues.
Tous m’accueillent avec le sourire, mais moi, j’ai les mains moites.
C’est la pause. Et comme je suis le petit nouveau, je suis le centre d’attraction.
– Où travaillais-tu avant ? demande un collègue.
– Au rayon quincaillerie… dis-je sans hésiter.
– Es-tu encore aux études ? m’interroge Anne.
– Oui, au cégep. En sciences humaines.
– Tu restes dans quel coin ? s’enquiert Amir.

Toutes ces questions, je m’y attendais, j’ai pu m’y préparer…
– Il faut que tu saches, ici, aux électroménagers, il y a un camp hockey et un camp soccer, on aime beaucoup s’écœurer. Faut pas le prendre personnel. Toi, qu’est-ce que tu préfères ? me demande Anne.
J’ouvre la bouche, et les mots restent coincés dans ma gorge. Pourtant, je sais ce que je veux exprimer : je préfère le patinage de vitesse ! Tant pis, je me lance à l’eau.
– Je dois… vous dire quelque chose… J’ai des problèmes de langage, donc, c’est difficile pour moi de bien m’expliquer… Je vais vous demander d’être… patients.
– Oh, donc tu ne pourras pas m’aider au service à la clientèle ! soupire Amir.
– Pour le moment, je vais être dans l’entrepôt… mais je t’aiderai volontiers, si tu prends le temps de m’écouter.

5 étapes pour raconter un événement, un fait vécu ou une histoire

Les habiletés narratives valent la peine qu’on les travaille, puisqu’elles sont impliquées dans bon nombre de tâches scolaires, que l’on pense aux exposés oraux ou aux compositions écrites.

Quels sont les éléments clés lorsqu’on raconte un événement, un fait vécu ou une histoire ? Voici 5 étapes que vous pouvez suivre.

Étape 1
D’abord, si vous doutez d’avoir bien saisi la question de votre interlocuteur ou si cette question était vague, demandez d’abord des clarifications. Par exemple : « Est-ce bien… que tu m’as demandé ?

Étape 2
Pour bien vous faire comprendre, mettez votre interlocuteur en contexte. Dès le départ, mentionnez ces 3 informations :
Qui : De qui parlez-vous ? Si c’est d’une tierce personne, nommez-la et précisez le lien qui vous unit à la personne.
Où ? : À quel endroit se situe votre histoire ? À la maison ? Au travail ? Autre ?
Quand ? : Parlez-vous d’un événement survenu hier, la semaine dernière, le mois dernier ?

Étape 3
Après avoir placé le contexte de l’histoire ou de votre anecdote, vous pouvez parler des péripéties, du problème ou de l’élément déclencheur. Que s’est-il passé ?

Étape 4
Parlez de vos émotions ou des émotions des personnes impliquées dans votre récit. Évoquez les tentatives pour résoudre le problème et les actions qui ont suivi l’élément déclencheur.

Étape 5
Concluez votre récit. Qu’est-il arrivé finalement ?

Voici un exemple :
Samedi passé, ma copine et moi, on est allés au restaurant pour souligner son anniversaire. On devait manger dans un restaurant italien, mais j’avais oublié de réserver et c’était bondé ! J’étais vraiment déçu de moi parce que je savais que cet endroit lui plairait. Mais bon, on a dû changer nos plans et on est finalement allés au resto thaïlandais. Malgré tout, on a passé une belle soirée et on a super bien mangé.

Parce que chaque effort compte…

Il y a des facteurs de protection qui permettent d’atténuer les symptômes et sur lesquels vous pouvez intervenir. Voici des exemples.

– La poursuite d’un suivi en orthophonie : cela peut toujours être bénéfique, même à l’âge adulte, si les ressources sont disponibles.
– La communication ouverte avec les proches, l’employeur, les collègues, les intervenants dans votre milieu scolaire et les autres acteurs gravitant autour de vous.
– L’accompagnement offert par des organismes tels que l’Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ) ou l’Institut des troubles d’apprentissage (ITA).

« Tout ça pour un courriel »

Tout ça pour un courriel. Juste un courriel, et mon fournisseur de données cellulaires vient de me faire passer à un service supérieur, alors que je voulais juste signaler une erreur de facturation.
« L’attente est actuellement de 25 minutes… répète le robot téléphonique. »
Si je m’écoutais, je raccrocherais ! Mais je ne peux pas me permettre de perdre 85 dollars.
– Ah, bonjour ! Je veux signaler… une erreur…
Pendant 20 minutes supplémentaires, je dois expliquer ce que je veux au service à la clientèle. Et j’ai du mal à trouver les mots justes, et à me faire comprendre. Je bous par en dedans.

Et maintenant, pour mon cours de sociologie, je dois faire une analyse argumentée d’un texte qui traite de la société d’aujourd’hui.
– Si j’ai réussi à être aussi confus dans un courriel de quelques lignes, comment vais-je m’en sortir dans un texte de 15 pages ? dis-je à Léanne en messagerie vidéo.
– Tu as deux mois pour le préparer, ne panique pas !
– Mais ça vaut quand même pour 40 % de la note finale. Je dois remettre un travail impeccable.

6 étapes pour rédiger un texte clair

Vous arrive-t-il de ne pas savoir par où commencer ou de vous décourager avant même de commencer ?

Voici 6 étapes à suivre pour rédiger un texte clair, qu’il s’agisse d’un courriel, d’un texte explicatif ou argumentatif.

Étape 1 : J’identifie l’objectif de mon texte ainsi que le public cible

À qui vous adressez-vous ? Quel est le but à atteindre ? Est-ce de convaincre, de questionner, d’expliquer, etc. ? Il est important d’adapter son texte au destinataire.

Étape 2 : Je recherche et je sélectionne les informations

Plusieurs outils peuvent vous aider à mettre vos idées à l’écrit. Au lieu du plan traditionnel, utilisez une carte mentale (mind mapping). Ne conservez ensuite que les informations les plus pertinentes. Cette étape n’est pas toujours nécessaire, selon la nature de la tâche écrite (par exemple un courriel très bref).

Étape 3 : J’organise mon contenu

Définissez votre plan à l’aide d’un sous-titre pour chaque section. Établissez l’ordre de présentation des idées. Si votre document est assez long, dressez une table des matières.

Étape 4 : Je rédige une première version

Lors de la rédaction de votre première ébauche, mettez l’accent sur le respect du plan afin d’assurer la clarté du contenu. Regroupez les idées en paragraphes cohérents et reliez-les par des connecteurs logiques (ex. : premièrement, ensuite, par ailleurs, etc.)

Étape 5 : Je relis et je corrige... encore et encore!

Plusieurs relectures peuvent être faites. Chaque relecture sert à vérifier un élément en particulier. Par exemple :
– le vocabulaire : s’assurer qu’il soit compris, privilégier les termes simples ;
– les phrases : s’assurer qu’elles soient courtes et logiques ;
– la longueur du texte : est-ce assez concis ? Toutes les informations sont-elles utiles ?
– la grammaire, l’orthographe et la ponctuation. Consultez un dictionnaire, une grammaire ou des ressources numériques.
Si c’est possible, pourquoi ne pas faire relire votre texte à une personne de confiance ? Son regard pourra vous aider à clarifier vos propos et à valider la cohérence de votre texte.

Étape 6 : Je soigne la mise en page

Soignez la présentation finale en optant pour une police de caractères ordinaire, facile à lire, plutôt que pour des polices de fantaisie qui risquent de fatiguer l’œil. Choisissez des caractères assez gros et laissez assez d’espace entre les paragraphes pour aérer le texte. Au besoin, utilisez des énumérations verticales avec des puces, des chiffres ou des lettres.

Réalité partagée

« Nous allons travailler des stratégies pour clarifier ton discours »

Léanne m’a conseillé de parler de mes problèmes de communication écrite avec mon orthophoniste.
– J’ai préparé des textes spécialement pour toi ! m’informe M. Levert. Nous allons travailler des stratégies pour clarifier ton discours, favoriser ta participation lors des conversations et t’aider à rédiger plus facilement tes travaux.
– Merci ! Votre aide est très précieuse.
– As-tu parlé de tes problèmes de langage à tes profs au cégep, comme je te l’ai conseillé ?
– Oui ! C’est réglé. Je vais recevoir les travaux à l’avance et du temps supplémentaire pour m’y préparer et les faire.

– Et le conseiller en services adaptés du cégep te propose quoi ?
– Pour les travaux d’équipe, deux étudiants se sont portés volontaires pour les faire avec moi. Ce seront toujours les mêmes, donc, on va sûrement trouver une façon de travailler.
– Et les travaux individuels ? demande M. Levert.
– À la maison, Léanne va m’aider. Au cégep, c’est un « mentor » qui va me prendre… sous son aile.
Je souris, car au secondaire, cette expression aurait été source de confusion pour moi. Je l’aurais prise au pied de la lettre, en me demandant ce qu’une aile venait faire dans l’histoire ! Il y a de l’espoir !

Pour en savoir plus

Au fil des ans, l’Institut des troubles d’apprentissage a développé de nombreux outils pour assurer l’égalité des chances des personnes qui vivent avec un trouble d’apprentissage, leur permettre de développer pleinement leur potentiel et de contribuer positivement à la société. Voici quelques-unes des ressources sélectionnées pour vous, n’hésitez pas à les consulter.

L’article Les services offerts au collégial pour les élèves EHDAA vous informe sur les services aux apprenants au niveau collégial.

L’article Les services offerts à l’université pour les élèves EHDAA vous informe sur les services aux apprenants au niveau universitaire.

L’article Les possibilités d’études postsecondaires vous renseigne sur les 3 types de formations postsecondaires.

L’article Bien écrire c’est complexe fait un bref tour d’horizon des processus, stratégies et habiletés déployés par un scripteur.

Pour aller plus loin



Références utiles

Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec (OOAQ)
Référez-vous à l’OOAQ en consultant l’annuaire de ses membres dans le secteur public ou en pratique privée afin de trouver des services en orthophonie dans votre région.

Au-delà des mots : le trouble développemental du langage
(2e édition) – Livre publié aux Éditions du CHU Sainte-Justine (2019).
Ce guide définit les caractéristiques du trouble avec nuance, s’attaque aux mythes qui y sont liés et permet de se préparer au diagnostic. Mettant de l’avant une approche multidisciplinaire, il relève tous les impacts sur le développement de l’enfant et permet de mieux intervenir dans le processus de réadaptation.

Raising Awareness of Developmental Language Disorder (RADLD)
Initiative créée pour sensibiliser la population à l’international au trouble développemental du langage. Ressources expliquant le TDL et ses impacts. (En anglais)

DLD & Me
Initiative ayant pour but de sensibiliser le grand public au TDL et d’offrir du soutien et des ressources aux parents et aux individus concernés. (En anglais)

Naître et grandir
Source d’information fiable et validée scientifiquement, Naître et grandir a pour mission de soutenir quotidiennement les parents du Québec dans leur rôle auprès de leur enfant, dès la conception jusqu’à 8 ans.


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