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Astuces pour intervenants
Enseigner des stratégies métacognitives au postsecondaire

L’entrée aux études postsecondaires (et surtout à l’université) peut représenter un défi pour les étudiants qui vivent avec un trouble d’apprentissage ou un trouble associé (comme un TDAH).
Pourquoi? Car il a été démontré que les étudiants avec un trouble d’apprentissage utilisent généralement moins de stratégies que les autres ou les utilisent de manière inefficace.

Ces stratégies sont des actions que l’étudiant entreprend dans une situation d’apprentissage dans le but de réaliser une tâche ou une activité scolaire plus efficacement.

Il existe deux types de stratégies : les stratégies cognitives et les stratégies métacognitives.
Il est important de s’entraîner à utiliser conjointement ces deux types de stratégies pour que que ce soit plus efficace. Cette capsule va plus particulièrement s’intéresser à l’enseignement des stratégies métacognitives car c’est à ce niveau que l’enseignant peut jouer un plus grand rôle.

1. Enseignez explicitement aux étudiants les stratégies métacognitives

Il s’agit de développer leurs connaissances sur la façon dont ils apprennent, les stratégies qu’ils utilisent. Il y a 3 grands types de stratégies : la planification, l’autocontrôle et l’évaluation.

La planification (avant la tâche) : votre rôle en tant qu’enseignant est de s’assurer que les étudiants ont bien compris le but de la tâche et de l’apprentissage, les faire réfléchir à la façon dont ils pourraient approcher la tâche, activer leur connaissance antérieure à propos de cette tâche, sélectionner des stratégies appropriées, ou bien encore leur mentionner où ils devraient mettre le plus d’effort. Prenons un exemple concret : en arts plastique, les étudiants doivent faire un autoportrait, alors les questions que vous pouvez leur poser sont les suivantes : “de quel matériel as-tu besoin pour faire cet autoportrait?”, “as-tu déjà fait un autoportrait dans le passé et est-ce que tu en étais satisfait?”, “qu’est-ce que tu as appris des exemples que je vous ai montré tout à l’heure?”, “par quoi tu pourrais commencer?”.

L’autocontrôle (pendant la tâche) : on met l’emphase sur l’importance que les étudiants s’auto-évaluent durant la tâche, cela inclut aussi les activités d’auto-questionnements qui permettent d’avoir un meilleur contrôle de la tâche. Si on reprend le même exemple : “est-ce que les proportions sont respectées pour ton visage?”, “trouves-tu cela difficile?”, “est-ce qu’il y a quelque chose que tu pourrais changer tout de suite pour améliorer ton autoportrait?”. L’astuce pour les enseignants peut être de prévoir un aide-mémoire ou une liste de vérification.

L’évaluation (après la tâche) : estimer l’efficacité du plan choisi. “Est-ce que ta stratégie a fonctionné?”, “est-ce que tu penses avoir choisi le meilleur point de vue?”, “si tu devais recommencer qu’est-ce que tu pourrais améliorer?”, “est-ce qu’il y a d’autres techniques que tu aimerais utiliser?”.

Durant l’enseignement explicite des stratégies vous commencez par poser les questions aux étudiants mais le but est ensuite que les étudiants se posent ces questions par eux-mêmes.

2. Modélisez votre propre raisonnement

Quand on est un apprenant débutant, on va souvent observer comment un apprenant expert pense et comment il agit. Ils vont donc vous observer et votre rôle en tant qu’enseignant est de rendre explicite les processus implicites.

Par exemple, révélez votre propre processus de pensée, verbaliser à voix haute vos questionnements comme “qu’est-ce que je connais des problèmes comme celui-ci?”, “quelles sont les méthodes de résolution que j’ai utilisées auparavant?”, « Lesquelles étaient efficaces avec ce type de problème?”. L’avantage est que cela permet de développer les aptitudes métacognitives des étudiants sans trop solliciter leurs ressources mentales. Par exemple, lors de la résolution d’une équation mathématique, vous pouvez commencer par présenter un exercice terminé avec l’énoncé et la solution, puis expliquez chaque étape impliquée dans l’élaboration de la solution. Après cette modélisation, vous pouvez supprimer progressivement une étape après l’autre pour amener les étudiants à entreprendre une équation partiellement complétée.

3. Ne surchargez pas leur mémoire de travail

Pour permettre aux étudiants de progresser dans leur connaissance d’eux-mêmes en tant qu’apprenant, il faut les garder motivés. Pour ça, il est important de définir un niveau de difficulté approprié et que les tâches que vous leur proposez ne surchargent pas leurs processus cognitifs. La mémoire de travail est la clé de l’apprentissage et sa capacité est limitée. Alors que pouvez-vous faire pour ne pas la surcharger?

• Ne donnez pas trop d’informations en même temps;
• Utilisez des modèles de planification structurée;
• Utilisez un maximum d’exemples;
• Décomposez les activités en étapes;
• Créez des histoires pour faire des liens entre plusieurs informations;
• Regroupez des informations en catégorie;
• Faites du lien entre une nouvelle information et une plus ancienne (en MLT);
• Utilisez des diagrammes, prenez des notes au tableau (utilisez des supports visuels).

4. Encouragez la conversation sur la métacognition en classe

En plus de l’enseignement explicite et de la modélisation, la discussion en classe peut être utilisée pour développer les habiletés métacognitives des étudiants. Le dialogue doit être ciblé, vous devez guider et soutenir la conversation pour qu’elle soit stimulante et qu’elle s’appuie sur les connaissances préalables de la matière.

Le dialogue sur la métacognition va permettre à chaque étudiant de partager la conscience qu’il a de ses propres stratégies, ce qui peut donner des idées aux autres. L’enseignement par le dialogue permet aux étudiants d’apprendre à raisonner, argumenter, expliquer. Pour organiser une conversation avec la classe vous pouvez utiliser la technique du débat de classe ou de la discussion par petits groupes.

5. Développez les compétences d’apprentissage autonome

Pour y arriver, on commence avec une pratique guidée et on retire progressivement le soutien au fur et à mesure que l’étudiant devient compétent. Vous devez donner de la rétroaction aux étudiants et leur indiquer au début les stratégies pertinentes et efficaces qu’ils devraient utiliser.

Les étudiants deviennent des apprenants autonomes lorsqu’ils font des choix tout seuls pour contrôler et organiser leur apprentissage et lorsqu’ils utilisent des stratégies métacognitives dans le processus.

À retenir

L’enseignement des stratégies métacognitives est réputé pour faciliter les apprentissages des étudiants avec trouble d’apprentissage ou troubles associés et c’est en plus profitable pour tous les étudiants.

L’entrée aux études postsecondaires (et surtout à l’université) peut représenter un défi pour les étudiants qui vivent avec un trouble d’apprentissage ou un trouble associé (comme un TDAH).
Pourquoi? Car il a été démontré que les étudiants avec un trouble d’apprentissage utilisent généralement moins de stratégies que les autres ou les utilisent de manière inefficace.

Ces stratégies sont des actions que l’étudiant entreprend dans une situation d’apprentissage dans le but de réaliser une tâche ou une activité scolaire plus efficacement.

Il existe deux types de stratégies : les stratégies cognitives et les stratégies métacognitives.
Il est important de s’entraîner à utiliser conjointement ces deux types de stratégies pour que que ce soit plus efficace. Cette capsule va plus particulièrement s’intéresser à l’enseignement des stratégies métacognitives car c’est à ce niveau que l’enseignant peut jouer un plus grand rôle.

1. Enseignez explicitement aux étudiants les stratégies métacognitives

Il s’agit de développer leurs connaissances sur la façon dont ils apprennent, les stratégies qu’ils utilisent. Il y a 3 grands types de stratégies : la planification, l’autocontrôle et l’évaluation.

La planification (avant la tâche) : votre rôle en tant qu’enseignant est de s’assurer que les étudiants ont bien compris le but de la tâche et de l’apprentissage, les faire réfléchir à la façon dont ils pourraient approcher la tâche, activer leur connaissance antérieure à propos de cette tâche, sélectionner des stratégies appropriées, ou bien encore leur mentionner où ils devraient mettre le plus d’effort. Prenons un exemple concret : en arts plastique, les étudiants doivent faire un autoportrait, alors les questions que vous pouvez leur poser sont les suivantes : “de quel matériel as-tu besoin pour faire cet autoportrait?”, “as-tu déjà fait un autoportrait dans le passé et est-ce que tu en étais satisfait?”, “qu’est-ce que tu as appris des exemples que je vous ai montré tout à l’heure?”, “par quoi tu pourrais commencer?”.

L’autocontrôle (pendant la tâche) : on met l’emphase sur l’importance que les étudiants s’auto-évaluent durant la tâche, cela inclut aussi les activités d’auto-questionnements qui permettent d’avoir un meilleur contrôle de la tâche. Si on reprend le même exemple : “est-ce que les proportions sont respectées pour ton visage?”, “trouves-tu cela difficile?”, “est-ce qu’il y a quelque chose que tu pourrais changer tout de suite pour améliorer ton autoportrait?”. L’astuce pour les enseignants peut être de prévoir un aide-mémoire ou une liste de vérification.

L’évaluation (après la tâche) : estimer l’efficacité du plan choisi. “Est-ce que ta stratégie a fonctionné?”, “est-ce que tu penses avoir choisi le meilleur point de vue?”, “si tu devais recommencer qu’est-ce que tu pourrais améliorer?”, “est-ce qu’il y a d’autres techniques que tu aimerais utiliser?”.

Durant l’enseignement explicite des stratégies vous commencez par poser les questions aux étudiants mais le but est ensuite que les étudiants se posent ces questions par eux-mêmes.

2. Modélisez votre propre raisonnement

Quand on est un apprenant débutant, on va souvent observer comment un apprenant expert pense et comment il agit. Ils vont donc vous observer et votre rôle en tant qu’enseignant est de rendre explicite les processus implicites.

Par exemple, révélez votre propre processus de pensée, verbaliser à voix haute vos questionnements comme “qu’est-ce que je connais des problèmes comme celui-ci?”, “quelles sont les méthodes de résolution que j’ai utilisées auparavant?”, « Lesquelles étaient efficaces avec ce type de problème?”. L’avantage est que cela permet de développer les aptitudes métacognitives des étudiants sans trop solliciter leurs ressources mentales. Par exemple, lors de la résolution d’une équation mathématique, vous pouvez commencer par présenter un exercice terminé avec l’énoncé et la solution, puis expliquez chaque étape impliquée dans l’élaboration de la solution. Après cette modélisation, vous pouvez supprimer progressivement une étape après l’autre pour amener les étudiants à entreprendre une équation partiellement complétée.

3. Ne surchargez pas leur mémoire de travail

Pour permettre aux étudiants de progresser dans leur connaissance d’eux-mêmes en tant qu’apprenant, il faut les garder motivés. Pour ça, il est important de définir un niveau de difficulté approprié et que les tâches que vous leur proposez ne surchargent pas leurs processus cognitifs. La mémoire de travail est la clé de l’apprentissage et sa capacité est limitée. Alors que pouvez-vous faire pour ne pas la surcharger?

• Ne donnez pas trop d’informations en même temps;
• Utilisez des modèles de planification structurée;
• Utilisez un maximum d’exemples;
• Décomposez les activités en étapes;
• Créez des histoires pour faire des liens entre plusieurs informations;
• Regroupez des informations en catégorie;
• Faites du lien entre une nouvelle information et une plus ancienne (en MLT);
• Utilisez des diagrammes, prenez des notes au tableau (utilisez des supports visuels).

4. Encouragez la conversation sur la métacognition en classe

En plus de l’enseignement explicite et de la modélisation, la discussion en classe peut être utilisée pour développer les habiletés métacognitives des étudiants. Le dialogue doit être ciblé, vous devez guider et soutenir la conversation pour qu’elle soit stimulante et qu’elle s’appuie sur les connaissances préalables de la matière.

Le dialogue sur la métacognition va permettre à chaque étudiant de partager la conscience qu’il a de ses propres stratégies, ce qui peut donner des idées aux autres. L’enseignement par le dialogue permet aux étudiants d’apprendre à raisonner, argumenter, expliquer. Pour organiser une conversation avec la classe vous pouvez utiliser la technique du débat de classe ou de la discussion par petits groupes.

5. Développez les compétences d’apprentissage autonome

Pour y arriver, on commence avec une pratique guidée et on retire progressivement le soutien au fur et à mesure que l’étudiant devient compétent. Vous devez donner de la rétroaction aux étudiants et leur indiquer au début les stratégies pertinentes et efficaces qu’ils devraient utiliser.

Les étudiants deviennent des apprenants autonomes lorsqu’ils font des choix tout seuls pour contrôler et organiser leur apprentissage et lorsqu’ils utilisent des stratégies métacognitives dans le processus.

À retenir

L’enseignement des stratégies métacognitives est réputé pour faciliter les apprentissages des étudiants avec trouble d’apprentissage ou troubles associés et c’est en plus profitable pour tous les étudiants.

Pour aller plus loin

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