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Actualités

Dyslexie et dysorthographie
Mai 31, 2012

Trouble spécifique d’apprentissage de la lecture et de l’écriture

Comment définir ce trouble?
Dans la population en général, on établit rapidement une adéquation entre toutes difficultés de lecture et d’écriture à la dyslexie-dysorthographie. Mais, ce n’est pas le cas. Pour les experts, il s’agit plutôt d’observer certains déficits cognitifs qui lui sont associés : la conscience phonologique, la dénomination rapide et le codage phonologique en mémoire de travail. 


Pourquoi associer la dyslexie et la dysorthographie?

Les déficits cognitifs à l’origine du trouble se manifestent autant en lecture qu’en écriture. Par contre, les impacts sur la lecture peuvent être moins apparents chez une personne qui utilise des stratégies lui permettant de compenser ses difficultés à lire les mots (ex. anticiper les mots à l’aide du contexte). 

Qu’est-ce que la dyslexie-dysorthographie?

C’est un trouble d’origine neurologique qui entraîne des difficultés importantes à lire et à écrire les mots avec exactitude et fluidité. Ces difficultés persistent dans le temps et résistent aux interventions reconnues efficaces par la recherche.

Quelles sont les principales manifestations?

Au cours des premiers apprentissages

Contexte

Lecture

Écriture

Mots isolés

Ne trouve pas le « son » approprié correspondant à une lettre ou groupe de lettres

Omet, ajoute ou déplace des « sons » dans le mot (ex. « table » lu /talbe/)

Confond des mots semblables (ex. amie lu /aime/)

Ne sait pas où couper le mot (ex. « banane » lu /ban ane/)

Lit les mots irréguliers en utilisant les correspondances régulières (ex. « mon/si/eur »)

N’utilise pas la bonne lettre ou groupe de lettres pour représenter un « son »

A tendance à substituer certaines lettres (ex. f/v, t/d)

Omet, ajoute ou déplace des lettres dans le mot (ex. « arbre » écrit abre)

Colle des mots ensemble ou coupe des mots de façon inappropriée (ex. « tout à coup » écrit toutacou)

Écrit au son de façon systématique

 

Phrases ou textes

Devine les mots

Saute ou ajoute des mots

Lit avec une lenteur excessive

Hésite fréquemment sur les mots et fait de nombreux retours en arrière

Oublie des mots ou des parties de mots

Écrit le même mot de plusieurs façons

Produit des textes courts et/ou ayant de nombreuses erreurs d’orthographe

Dans la poursuite des apprentissages

Lecture

Écriture

Lit avec une lenteur marquée

Le décodage n’est pas ou peu automatisé et demande des ressources cognitives importantes

Accède difficilement aux stratégies de compréhension en raison de la charge cognitive demandée par le décodage

Éprouve des difficultés à relire ses notes

Éprouve des difficultés majeures en orthographe

Ne tient pas compte des règles de position (ex. chanbre, gitare)

Mélange les homophones (ex. vert/verre)

N’utilise pas la bonne lettre ou groupe de lettre selon la fréquence et la position dans le mot (ex. bato)

Met difficilement en application des stratégies de correction orthographique

 

Difficultés importantes pour les tâches scolaires combinant la lecture et l’écriture

–         Lire un texte et répondre par écrit à des questions

–         Pendre des notes et relire

Les manifestations peuvent être différentes d’un individu à l’autre selon les déficits cognitifs, le degré de sévérité de ceux-ci et la présence ou non d’autres troubles associés (ex. tdah). Le portrait de la personne dyslexique va aussi évoluer en fonction du soutien et des interventions pédagogiques reçus.

Attention :
La présence d’une ou de plusieurs manifestations ne conduit pas nécessairement vers une conclusion de dyslexie. Plusieurs de ces manifestations caractérisent le parcours normal de l’apprentissage.  Ce qui doit attirer notre attention c’est la persistance des difficultés malgré les interventions reconnues efficaces par la recherche.

Quels sont les impacts possibles?

•      Prend beaucoup de temps pour accomplir toutes les tâches scolaires qui demandent de lire et/ou d’écrire

•      Peut avoir des difficultés de compréhension en lecture si toute l’énergie est mise au « décodage »

•       Produit de courts textes pour éviter la correction de l’orthographe

•       Choisis les mots dont il connait l’orthographe (vocabulaire restreint)

•       Évite les tâches de lecture et d’écriture

•       À besoin d’oraliser sa lecture ( lire à voix haute) ou à l’inverse, refuse systématiquement de le faire

•       Faible performance en anglais (lecture et écriture)

•       Généralisation des difficultés dès que la lecture et l’écriture sont sollicitées de façon importante dans le parcours scolaire

•      Faible estime de soi

Comment aider l’élève à l’école?

Faire consensus sur les besoins prioritaires (Démarche du plan d’intervention)

Établir une bonne collaboration avec les intervenants scolaires et s’entendre sur des objectifs communs sont des facteurs qui influencent de façon importante la réussite de la personne dyslexique. Les interventions adaptées aux besoins sont une clé pour la progression de ses apprentissages. 

Comment?

·         En communiquant régulièrement avec les intervenants scolaires (enseignante, orthopédagogue, autre. )

·         En informant l’enseignante sur le temps requis pour la lecture d’un texte, les difficultés rencontrées et surtout les facilitateurs que vous observez.

·         En identifiant avec l’enseignante les apprentissages à prioriser

·         En participant à l’élaboration du plan d’intervention, à son application et à l’évaluation des résultats obtenus

Établir des objectifs d’intervention selon l’évaluation des besoins

En tenant compte du parcours scolaire de la personne dyslexique, il s’avère essentiel de bien cerner la nature des difficultés afin de déterminer les objectifs prioritaires de l’intervention.  Il s’agit de statuer sur le degré de fonctionnalité de la personne dans un contexte de lecture et d’écriture selon les attentes du programme de formation et, également, de cibler ce qui pose problème dans l’identification et la production des mots écrits. L’intervention vise aussi à faciliter le transfert des apprentissages réalisés en contexte réel et signifiant.

Prévoir des mesures d’adaptation en classe

Dans un premier temps, il s’agit de bien identifier les contextes d’apprentissage qui posent problème à la personne dyslexique. Les mesures d’adaptation doivent permettre à celle-ci de progresser dans ses apprentissages en la soutenant dans ses zones de difficulté préalablement identifiées. L’implication de la personne dyslexique s’avère un élément clé pour bien identifier les mesures d’adaptation à mettre en place. La réussite commence par une prise de conscience des difficultés, des pistes de solution pour y remédier et du soutien dans la mise en application. Les mesures d’adaptation doivent aussi être prévues en fonction des obstacles rencontrés dans les différents contextes d’apprentissage et selon les intentions pédagogiques de l’enseignante.

Mesures d’adaptation[1] en lecture

–         Accorder plus de temps

–         Limiter la lecture à certaines parties du texte *

–         Faire lire le texte ou des parties de texte par une source extérieure (un paire, enregistrement audio, synthèse vocale, etc..)

–         Donner des photocopies des textes pour permettre les annotations

–         Utiliser des référentiels pour le rappel des stratégies à utiliser pour identifier les mots écrits (procédurier, coffre à outils personnel, schéma de règles, etc..)

Mesures d’adaptation en écriture

–         Soutenir la correction orthographique (offrir des référentiels, limiter la correction, etc…)

–         Utiliser un dictionnaire à entrée phonologique (ex. Eureka) et/ou électronique, visuel

–         Utiliser le traitement de texte pour toutes les étapes de production

–         Utiliser des outils d’aide à la rédaction (prédicteur de mots, organigramme, etc..)

–         Permettre de communiquer ses réponses par des moyens alternatifs (à l’oral, style télégraphique, surlignement, enregistrement, scripteur, etc…)

Mesures d’adaptation générales  

–         Limiter la prise de notes (photocopies de l’enseignante ou notes prises par un élève)

–         Fractionner la tâche en plusieurs étapes ou périodes

–         Prévoir des pauses lors des longues tâches de lecture ou d’écriture

–         Limiter les sources de distractions

Il est important de prévoir des mesures qui visent l’autonomie de la personne et qui seront réalisables dans le contexte d’apprentissage de la classe. Les mesures peuvent varier selon les contextes d’apprentissage.

Comment aider mon enfant à la maison?

Donner le goût de lire

Pourquoi?

Comment?

Une personne ayant un trouble peut progresser et apprendre. Mais, elle doit être exposée aux apprentissages de façon importante pour progresser. Avoir du plaisir, lui permettra d’y mettre des énergies supplémentaires.

Cibler ses intérêts pour le choix des lectures

—Mettre à la disposition plusieurs types d’écrits (revues, bandes dessinées, journaux, livres interactifs, etc..)

— Faire la lecture… même au plus    vieux

— Faire une lecture partagée

— Créer un contexte agréable

— Donner des privilèges de lecture

— S’abonner à la bibliothèque

— Être un modèle

 

Soutenir la lecture précise des mots

Pourquoi?

Comment?

Créer des contextes signifiants et agréables de lecture qui incite l’enfant à identifier les mots avec précision pour s’assurer qu’il comprenne le message.

—  Lire des blagues

—  Lire et faire une recette

—  Lire et faire des expériences scientifiques

—  Faire du « karaoké » (surligneur suit le mot à lire)

—  Jouer à des jeux de société avec des petites questions

—  Etc…

 

Comprendre comment est construit notre code

Pourquoi?

Comment?

La personne qui présente une dyslexie doit être amenée à réfléchir sur les caractéristiques de notre code. Qu’est-ce qui se peut? Quelles lettres sont possibles pour tel « son »? Quelles lettres vont ensemble? Quelles sont des lettres muettes possibles?

—  Jouer à des jeux de lettres 

              bonhomme pendu

—  Boggle

—  Scatégories

—  Scrabble

—  Etc…

 

* Attention à ne pas mettre en compétition avec des joueurs d’un calibre trop élevé. Toujours soutenir et apporter l’aide pour vivre des réussites.

Document préparé par:
Sonia Jubinville
Orthopédagogue et consultante en adaptation scolaire
 
Références
Laplante, L. et coll. (2011). Identification de la dyslexie : contribution du modèle RTI et du modèle d’intervention multiniveaux. Congrès annuel de l’AQETA.
Legendre, R. (2005). Dictionnaire actuel de l’éducation. Guérin, Montréal.
Piérard, B. (2011). Votre enfant est dyslexique. Pourquoi? Comment l’aider?Solal, Marseille.
Spenger-Charolles, L. et Colé, Pascale. (2006). Lecture et Dyslexie : approche cognitive. Dunod, Paris.


[1]
Le terme adaptation réfère aux moyens mis en place au sens large. Certaines adaptations peuvent être considérées comme des modifications en fonction des compétences et du parcours scolaire. Les adaptations doivent être validées avec le milieu scolaire.