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Trouble du langage
Mon enfant grandit dans un contexte multilingue

« Maddox aime regarder des dessins animés en espagnol »

Maddox aime regarder des dessins animés en espagnol, tandis que Joachim préfère des émissions en français ou en anglais.
Dans la famille, nous passons souvent d’une langue à l’autre sans même nous en rendre compte.
– Ma, gato ! lance Joachim à sa mère.
– On va bientôt souper, tu auras du gâteau au dessert.
– Non ! El gato !
Effectivement, le chat tourne autour de Sandrine, car il a faim.
Les quiproquos sont fréquents à la maison puisque nous utilisons plusieurs langues.

Dans son coin, Maddox s’impatiente :
– Draw !
Maddox fréquente une garderie bilingue anglais-français. Joachim a fait de même avant d’intégrer une école primaire francophone.
Sandrine tourne vers moi un visage inquiet.
– Crois-tu que ce multilinguisme pourrait être à l’origine des problèmes de langage des garçons ? me demande-t-elle. Sommes-nous en train de mélanger complètement nos enfants ?

Mes alliés!

Les familles comme celles de Maddox ne sont pas seules et elles peuvent compter sur le soutien de nombreux alliés.

• Intervenants du milieu scolaire et de garde

Le corps enseignant et l’équipe du milieu de garde représentent des alliés importants. N’hésitez pas à les contacter pour avoir un portrait de ses forces et de ses défis. Ils sauront vous outiller pour maximiser ses progrès à l’école ou à la garderie comme à la maison. La communication entre le parent et ces intervenants et intervenantes est primordiale pour arrimer les stratégies utilisées à l’école ou à la garderie ET à la maison.

• Professionnels

L’orthophoniste est le ou la professionnelle pouvant poser une conclusion de trouble développemental du langage (TDL) ou de trouble du langage associé à un diagnostic médical (conjointement à un autre professionnel de la santé).

L’orthopédagogue accompagnera votre enfant dans son cheminement scolaire. Il l’aidera à mieux s’organiser et à mieux se concentrer au moyen de stratégies d’apprentissage.

Mon plan de match

Pour vous outiller face au contexte multilingue dans lequel grandit votre enfant, nous allons d’abord départager le vrai du faux en ce qui concerne le développement langagier des enfants bilingues ou polyglottes. En effet, plusieurs mythes circulent sur le bilinguisme.

Ensuite, nous vous fournirons des stratégies pour offrir une stimulation précoce de manière à favoriser le bilinguisme ou le multilinguisme chez votre enfant. Vous trouverez ci-dessous 6 ingrédients clés pour une éducation bilingue réussie.

Vous retrouverez toutes ces informations dans le guide pratique.
Dans la section Pour en savoir +, vous trouverez aussi un lien vers des capsules vidéo qui vous montrent concrètement :
– comment stimuler le langage de votre enfant en l’amenant à exprimer de nouveaux mots ;
– comment aider son enfant qui apprend deux langues.

→ Consultez le guide pratique [PDF]

« C’est un peu la tour de Babel autour de la table »

Ce soir, au souper, c’est un peu la tour de Babel autour de la table. Au moment du dessert, Maddox demande un peu plus de fruits :
– Más banane !
Sandrine se tourne vers lui.
– Tu veux plus de banane, mon chéri ?
– Fini ! Puedo play au salon ?
– Oui, va jouer, mon grand.
– Sandrine, je ne sais pas si tu as remarqué, mais les garçons mélangent l’espagnol, le français et même un peu d’anglais. Crois-tu que c’est normal ?
– Je ne sais pas ! Ils emploient peu de mots, alors je pense qu’ils doivent prononcer ceux qui leur viennent le plus facilement.
– On devrait peut-être leur parler seulement en français, dis-je.
– Je vais en discuter avec l’orthophoniste, demain… me répond Sandrine.
Du salon, j’entends Joachim et Maddox échanger entre eux dans ce mélange étonnant de trois langues.

6 mythes sur le bilinguisme

Un enfant est qualifié de bilingue lorsqu’il est exposé à deux langues et les utilise sur une base régulière. Cette définition élargie inclut les enfants qui apprennent deux langues avant l’âge de 3 ans aussi bien que ceux qui sont exposés à une seule langue depuis la naissance et qui apprennent une langue seconde après la mise en place de la langue maternelle, après l’âge de 3 ans et demi ou 4 ans.

Le fait d’exposer un enfant à plus d’une langue peut-il entraîner un retard de langage ou de la confusion ? Devrait-on parler seulement le français à la maison pour ne pas mélanger l’enfant et faciliter les apprentissages scolaires ?
Voici 6 des nombreux mythes sur le bilinguisme souvent entretenus par les parents et les intervenants en garderie ou en milieu scolaire.

1• Si un enfant a un trouble du langage, il faut arrêter de lui parler dans une autre langue. FAUX.
Rien ne prouve qu’un trouble de langage s’aggrave si votre enfant est exposé aux deux langues. Néanmoins, il aura les mêmes difficultés de langage dans les deux langues. Les résultats de plusieurs études tendent à démontrer qu’il faut encourager l’apprentissage d’une deuxième langue chez les jeunes enfants ayant un trouble du langage et faciliter la communication de l’enfant dans la langue parlée avec les membres de sa famille.

2• Les enfants bilingues commencent à parler plus tard. FAUX.
Ils apprennent à parler au même rythme que les autres enfants. L’acquisition du vocabulaire dans chacune des langues accuse parfois un léger retard ; un enfant bilingue a souvent moins de vocabulaire dans chacune de ses langues séparément lorsque comparé à un enfant monolingue. Mais lorsque nous considérons le vocabulaire de ses deux langues, celui-ci est généralement plus étendu que le vocabulaire d’un enfant exposé à une seule langue.

3• Un vrai bilingue ne mélange jamais ses langues. FAUX.
Les personnes bilingues vont parfois passer d’une langue à l’autre dans une phrase ou une conversation, ce qui est parfaitement normal et ne traduit pas un retard de langage. Tous les bilingues le font, même les adultes. Ce phénomène appelé code-switching ou code-mixing survient lorsque l’individu a plus facilement accès à certains mots ou concepts dans l’une ou l’autre de ses langues. Ainsi, lorsqu’un individu mélange deux langues, il n’est pas confus ou en retard : il utilise simplement toutes les ressources langagières dont il dispose pour exprimer sa pensée !

4• Il faut être doué pour apprendre deux langues en même temps. FAUX.
Partout dans le monde, des enfants apprennent à parler deux langues sans problème. Mondialement, la plupart des gens parlent plus d’une langue et de nos jours, le bilinguisme est presque essentiel.

5• Chaque parent ne doit parler qu’une seule langue à son enfant pour ne pas engendrer de confusion. FAUX.
Il n’est pas nécessaire qu’un parent parle toujours la même langue avec l’enfant pour que celui-ci intègre bien ses deux langues. En revanche, c’est une façon simple de s’assurer que l’enfant est exposé suffisamment à chacune de ses langues, de façon à bien les maîtriser. Il existe d’autres stratégies pour favoriser le bilinguisme chez un enfant : un endroit = une langue (par exemple une langue est parlée à la maison et l’autre, à la garderie ou à l’école) ou une activité = une langue (par exemple une langue est parlée à l’heure du bain, une autre à l’heure du souper).

6• Les enfants sont comme des éponges et peuvent devenir bilingues sans effort. FAUX.
Il est vrai qu’il est plus facile d’apprendre une langue en bas âge. Tous les nourrissons ont l’incroyable capacité d’apprendre plusieurs langues, n’importe lesquelles. Leur cerveau emmagasine les sons qu’ils entendent puis, au fil des mois, ils chercheront à les imiter. Entre 6 et 12 mois, les enfants perdent peu à peu cette merveilleuse capacité d’apprentissage de plusieurs langues, puis de plus en plus rapidement après l’âge de 3 ans.
Toutefois, le bilinguisme ne se produit pas par osmose ! Le simple fait de regarder la télévision en anglais ne permettra pas à votre enfant de s’exprimer couramment dans cette langue. Il est essentiel de multiplier les contacts avec chaque langue de façon à fournir un bain de langage suffisant dans chacune.

Parce que chaque effort compte…

En tant que parent, vous avez un rôle essentiel à jouer dans le cheminement de votre enfant. Vous avez fait le choix de lui transmettre plusieurs langues et, par là même, un bagage culturel enrichi. Car une langue ne vient jamais seule, elle s’accompagne d’une culture, d’une clé qui ouvre des portes pour l’avenir et des occasions de socialisation augmentées.

Dans le cas où votre enfant est déjà suivi en orthophonie, votre implication à l’extérieur des séances sera des plus importantes. Elle sera même essentielle au succès de la thérapie. C’est un travail d’équipe !

« Nous sommes préoccupés par l’avenir de nos enfants »

Sandrine et moi, comme tous les parents, nous sommes préoccupés par l’avenir de nos enfants.
– Adrian, j’aimerais que Maddox et Joachim soient aussi à l’aise en anglais qu’en français et en espagnol ! Tu crois que c’est possible ? me demande Sandrine.
– Ce serait formidable ! Moi, j’ai appris l’anglais sur le tard et à cause de ça, je pense avoir perdu pas mal d’occasions d’emploi ! Je ne voudrais pas que les garçons vivent la même chose plus tard.
– Avec Maddox et Joachim, tu leur parles principalement en espagnol… C’est important pour qu’ils connaissent ta langue maternelle, continue Sandrine.

– Et toi, tu leur parles en français la majorité du temps. C’est très bien ! Pour l’anglais, la garderie bilingue est une bonne base.
– Tu as raison. Mais je me demande quand même comment faciliter leur apprentissage des trois langues…
J’ai remarqué que Joachim semble perdre son anglais depuis qu’il va dans une école primaire francophone.
– Oui. Et quand je lui parle en espagnol, même s’il comprend bien, il préfère me répondre en français.
– Il faut dire que tu passes moins de temps avec les garçons ces derniers temps. Ton travail t’accapare beaucoup, Adrian.
Que faire ? Je ne voudrais pas qu’ils oublient l’anglais ou l’espagnol…

6 ingrédients pour une éducation bilingue réussie

Plusieurs parents rencontrent des difficultés dans la transmission de leur langue maternelle à leurs enfants. Il n’est pas évident de l’utiliser activement au fil des années, d’autant plus dans le cas de langues peu valorisées par l’environnement. La difficulté de devenir, d’être ou de rester bilingue se traduit chez beaucoup d’enfants comme une difficulté d’être tout court, d’être bien dans sa peau, avec ses différences. Pour les enfants issus de familles allophones, la connaissance de la langue d’origine fait partie de la construction de leur identité et de leur sentiment d’appartenance à la culture familiale.

Quelles sont les meilleures pratiques pour que votre enfant en vienne à maîtriser plusieurs langues ? Voici 6 ingrédients pour une éducation bilingue réussie.

1. Patience

Il ne faut pas se laisser tromper par nos attentes ou par les apparences : apprendre une langue prend du temps, même quand on est enfant ! Pas moins de 3 à 7 ans d’expérience dans une langue seconde sont nécessaires avant que celle-ci soit comparable à la langue maternelle. Apprendre une langue est une entreprise longue qui demande vigilance et efforts.

2. Valorisation de la langue

Il est essentiel de valoriser la langue minoritaire. L’enfant doit sentir que cette langue est respectée par ses parents et par d’autres, car elle ne le sera pas forcément dans la société majoritaire. Le défi à relever est encore plus considérable quand il concerne une langue minoritaire ou faible. Les chances d’un réel bilinguisme sont meilleures si les deux langues sont reconnues dans la société.

3. Exposition suffisante, prolongée et soutenue

Un enfant a besoin d’être exposé à une langue au moins 30 % de son temps d’éveil pour pouvoir être considéré bilingue.

Il faut favoriser les périodes d’exposition prolongées de quelques heures, car l’enfant a en général besoin d’un temps d’acclimatation lorsqu’il passe d’une langue à une autre. Une fois à l’aise, il ira explorer de nouveaux « niveaux ». Diverses recherches ont démontré que l’apprentissage efficace des langues nécessitait des périodes d’étude d’une durée prolongée. Par exemple, avec une heure d’anglais par jour, les résultats seront inférieurs à ceux que permet un bloc continu de cinq heures par semaine. En une heure, la personne a tout juste le temps de s’acclimater à l’anglais, et c’est chaque fois à recommencer. Si l’on allonge cette période, la personne prend de l’aisance et creuse davantage d’aspects. Elle peut explorer des niveaux de langue supérieurs.

Pour être efficace, l’exposition à une langue doit être soutenue dans le temps, et non seulement de quelques semaines par année. C’est comme l’entraînement physique. Si vous passez plusieurs mois sans vous entraîner, il est possible que vous ayez besoin d’un certain temps pour « vous remettre dans le bain » lorsque vous reprendrez votre routine. Le cerveau est comme n’importe quel muscle du corps qu’il faut entraîner.

4. Utilité dans la vie quotidienne

On n’apprend pas une langue dans le simple but d’entraîner son cerveau (et de bénéficier au passage de tous les avantages cognitifs que cela apporte). En d’autres termes, un enfant n’apprendra pas une langue s’il n’en voit pas l’utilité. Il faut avoir l’occasion de l’utiliser !

5. Interactions sociales

Il faut avoir des occasions d’interagir dans la langue, de l’utiliser dans différents contextes, pas seulement de l’écouter (par exemple sur la tablette ou à la télévision). L’observation ne peut pas nuire, mais pour bien assimiler une langue, des interactions sociales riches et variées avec des locuteurs compétents sont nécessaires.
Quand on perd ses compétences dans une langue, tout n’est pas à recommencer. Au moment où on réintroduit la langue dans son quotidien, on part avec une longueur d’avance quant à « l’ouverture » de son oreille.

6. Stimulation du langage au quotidien

Quand un enfant bénéficie d’un milieu familial stimulant sur le plan langagier, peu importe la langue ou les langues qui y sont parlées, il peut acquérir les compétences cognitives nécessaires pour une scolarité réussie. Un enfant a besoin de développer son langage pour parler une langue.
Il existe des stratégies simples pour favoriser le développement du langage :
– Mettez-vous à la hauteur de l’enfant quand vous lui parlez ;
– Parlez plus lentement tout en gardant un débit naturel ;
– Nommez et décrivez les objets et les actions dans la vie quotidienne ;
– Utilisez des gestes naturels pour accompagner vos paroles ;
– Lisez régulièrement des livres à la maison.

Réalité partagée

Daniel Tammet est un écrivain anglais atteint du syndrome d’Asperger. Il est reconnu pour sa passion pour les langues. Il en utilise couramment 12 : l’anglais, le néerlandais, l’allemand, l’espagnol, l’espéranto, l’estonien, le finnois, le français, le gallois, le lituanien, le roumain et l’islandais. En 2002, il a créé son propre site Web d’apprentissage des langues, Optimnem, qui connaît un franc succès.

« Je suis soulagée »

– Je suis soulagée, me dit Sandrine après le souper. J’ai vu l’orthophoniste scolaire de Joachim à la sortie des classes. On peut continuer à leur parler dans les trois langues, sans problème.
– L’orthophoniste de Maddox, que j’ai rencontrée en fin d’après-midi, m’a dit la même chose. Il faut que nos garçons continuent à être exposés à toutes nos langues, et qu’ils en voient l’utilité.
– Pour l’espagnol, pas de souci. Avec l’aide de ma mère, qui a commencé à aller les chercher à la garderie et à l’école, ils continueront à pratiquer ma langue, même si mon travail m’éloigne plus souvent de la maison.
– Oui, c’est vrai ! Joachim arrive à prononcer quelques phrases complètes en espagnol.

Comme les garçons adorent ta mère, ils comprennent l’importance de communiquer avec elle. Moi, je vais me concentrer sur le français ! me dit Sandrine.
– C’est l’anglais qui peut devenir un problème, surtout pour Joachim… Il ne pratique pas assez, dis-je.
– Ne t’inquiète pas ! C’est justement de ça dont je voulais te parler. Je l’ai inscrit à un cours de natation du quartier qui se donne en anglais. Il pourra donc fréquenter des anglophones de son âge et parler avec eux.
– Grâce à cette façon de fonctionner, avec quelques efforts, nos enfants seront de parfaits trilingues. Un plus pour plus tard !

Pour en savoir plus

Au fil des ans, l’Institut des troubles d’apprentissage a développé de nombreux outils pour assurer l’égalité des chances des personnes qui vivent avec un trouble d’apprentissage, leur permettre de développer pleinement leur potentiel et de contribuer positivement à la société. Voici quelques-unes des ressources sélectionnées pour vous, n’hésitez pas à les consulter.

La vidéo Comment stimuler le langage de votre enfant en l’amenant à exprimer de nouveaux mots présente des trucs et astuces simples pour stimuler le langage de votre enfant au quotidien.

La vidéo Aider son enfant qui apprend deux langues présente des trucs pour aider votre enfant à apprendre à lire et écrire dans deux langues.

Le livre Le bilinguisme, un atout dans son jeu fournit de nombreuses stratégies utiles et applicables au quotidien pour appuyer l’enfant et lui assurer une compétence bilingue durable.

D’une durée de 3 heures, le webinaire Bilinguisme : mythes et réalités vous permettra de départager le vrai du faux en ce qui concerne le développement langagier des enfants bilingues, de connaître le rôle de l’orthophoniste avec cette clientèle et d’être en mesure d’offrir une stimulation précoce pour favoriser le bilinguisme chez votre enfant.

→ Découvrir la formation sur le bilinguisme

Pour aller plus loin



Références utiles

Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec (OOAQ)
Référez-vous à l’OOAQ en consultant l’annuaire de ses membres dans le secteur public ou en pratique privée afin de trouver des services en orthophonie dans votre région.

Au-delà des mots : le trouble développemental du langage
(2e édition) – Livre publié aux Éditions du CHU Sainte-Justine (2019).
Ce guide définit les caractéristiques du trouble avec nuance, s’attaque aux mythes qui y sont liés et permet de se préparer au diagnostic. Mettant de l’avant une approche multidisciplinaire, il relève tous les impacts sur le développement de l’enfant et permet de mieux intervenir dans le processus de réadaptation.

Raising Awareness of Developmental Language Disorder (RADLD)
Initiative créée pour sensibiliser la population à l’international au trouble développemental du langage. Ressources expliquant le TDL et ses impacts. (En anglais)

DLD & Me
Initiative ayant pour but de sensibiliser le grand public au TDL et d’offrir du soutien et des ressources aux parents et aux individus concernés. (En anglais)

Naître et grandir
Source d’information fiable et validée scientifiquement, Naître et grandir a pour mission de soutenir quotidiennement les parents du Québec dans leur rôle auprès de leur enfant, dès la conception jusqu’à 8 ans.


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